DES MOTS SANS ÂMELes fleurs de mon jardin, si belles, si colorées, si parfumées perdent tout leur charme aussitôt que j’essaie de les connaître mieux en ouvrant un livre de botanique.La « robe de mariée » ou « chapeau chinois » selon l’humeur, se métamorphose en un banal clérodendron paniculatum. Clérodendron, clérodendron, combien de fois ai-je dû ressasser intérieurement ce mot pour qu’il ne s’échappe de ma mémoire. Quant à l’orthographe, je vous laisse le soin de la vérifier dans le dictionnaire.Que dire des Beilschmedia pendula, que je me désole de ne pas voir fleurir ou des nicolaia elaeis, sue je souhaiterais planter de ci, de là ? Rien en vérité ! Alors que Laurier Madame, et Rose de porcelaine sont des noms, vernaculaires peut-être, mais évocateurs, nous autorisant le vagabondage et la métaphore.
Est-il possible qu’un triste et fade jasminus officinale ait l’odeur envoûtante du jasmin des poètes ? Non, décidément, je ne me ferai jamais à tous ces noms barbares dont on affuble de telles merveilles de la nature.
